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PROJET BLERIOT

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Présentation

Le 25 juillet 1909, Louis Blériot est le premier à traverser la Manche.

Et si pour un moment nous refaisions l’Histoire, l’Histoire d’un rêve partagé au tout début de l’humanité, celui de voler.
Aujourd’hui, à l’ère de l’informatique, l’envie de faire revivre ces moments a donné l’impulsion au Model Air Club d’Artois de renouveler l’exploit de Louis Blériot, l’exploit de traverser la Manche avec un appareil similaire à l’original, mais à l’échelle ½, avec une réplique de son moteur de l’époque, avec des techniques innovantes de radioguidage et en mettant en oeuvre tout le savoir faire et les différentes disciplines de l’aéromodélisme qui feront aboutir le projet.

Histoire:

Répondant au défi du quotidien anglais « THE DAILY MAIL » qui offre un prix de 1000 livres à l'aviateur qui sera le premier à réaliser cet exploit, Louis Blériot décolle du lieu-dit « LES BARAQUES » situé sur la commune de Sangatte à 4 h 41, le 25 juillet 1909.
Il vole durant 34 km à une vitesse moyenne de vol au dessus des flots à 75 km/h pendant 31 minutes.
Il atterit à 5 h 12 à Douvres, réussissant ainsi la première traversée de la Manche avec son Blériot XI monoplan.

 

Retour en arrière:

Seul un extraordinaire coup de chance avait permis à Louis Blériot de pouvoir prendre le départ. Il avait dépensé toute sa fortune et la dot de sa femme dans ses expériences et, au début de 1909, il était à bout de ressources. Mais le 1er juillet 1909, son épouse, en visite chez les parents d’un riche planteur haïtien habitant Paris, avait réussi à retenir in extremis le jeune fils du planteur au moment où il enjambait un balcon de l’appartement. En témoignage de sa gratitude, le père prêta 25000 francs à Blériot. La situation restait néanmoins précaire et l’aviateur écrivit plus tard : "il me faut continuer parce que, comme le joueur, il faut que je me rattrape. Je dois voler."
Son dernier avion, le Blériot XI, ne paraissait guère compétitif en face de l’Antoinette. Petit et disgracieux, il ne possédait, avec ses 14 mètres carrés, que le quart de la surface alaire de l’appareil de Latham.

Les chances de Blériot résidaient en fait dans son minuscule moteur conçu par un italien fruste et mal embouché nommé Alessandro Anzani. Le moteur de 25 chevaux était pourtant très primitif. Les cylindres de fonte rugueuse n’étaient même pas sablés, des trous percés à leur base permettaient l’évacuation des gaz d’échappement. L’huile chaude s’échappait par des orifices à bout de course et enduisait le pilote d’une couche visqueuse de sorte qu’il fallait à l’aviateur une sorte d’héroïsme pour persévérer dans la conduite de ce misérable mécanisme! Mais les moteurs Anzani possédaient une qualité qui compensait le reste : ils ne lâchaient pas!
Blériot avait effectué avec le sien des vols de 5 minutes, puis d’un quart d’heure et enfin d’une demi-heure avant de juger qu’ils étaient suffisamment fiables pour risquer la traversée de la Manche.


Blériot maîtrisait parfaitement son appareil mais il n’était pas très sûr de trouver un endroit où atterrir sur cette côte anglaise qu’il ne connaissait pas. La plage de Douvres était trop étroite et la célèbre falaise de Shakespeare, avec ses 90 mètres, trop haute d’au moins 30 mètres pour son avion. Charles Fontaine, journaliste français, chargé de rapporter l’arrivée de Louis Blériot, offrit d’examiner le terrain et il finit par découvrir à côté du château de Douvres, dans une cuvette herbeuse, une trouée dans la falaise située à moins de 30 mètres au dessus de l’eau. Il acheta quelques cartes postales, y marqua l’endroit d’une croix et les envoya à Blériot avec une note indiquant qu’il l’attendrait à cet endroit en agitant un grand drapeau français.
Le samedi 24 juillet, le temps restait maussade; le vent balayait les côtes françaises et faisait moutonner la mer. Le vent cependant se mit à faiblir et à deux heures du matin, le ciel était clair, le temps calme. Latham, revenu à Sangatte, laissa un mot à Levavasseur :
«Minuit : le vent paraît se calmer. Si cela continue, me réveiller à 3h30.»

 

Le départ:

Or ce fut le campement de Blériot qui se leva le premier. On alla chercher le patron en voiture à son hôtel. Aux baraques, Anzani tout excité courait en chemise de nuit en tirant des coups de revolver à blanc.
Blériot se leva de fort méchante humeur : «J’avoue, reconnut-il plus tard, que je n’étais nullement disposé à partir... Et j’aurais été heureux d’entendre dire que le vent soufflait si fort qu’aucune tentative n’était possible.» Il n’avait pas faim mais ses amis l’obligèrent à manger un morceau.
Il conduisit sa femme à bord du contretorpilleur «Escopette» et, en arrivant aux baraques, il avait retrouvé son énergie habituelle et donna des ordres d’une voix tonitruante pour que l’on sorte l’avion du hangar. «J’avais cette fois du courage pour deux», dira-t-il.
En dépit de l’heure matinale, les curieux se pressaient dans la cour de la ferme et toute cette agitation irrita Blériot.
Pendant qu’on faisait chauffer le moteur, un chien se précipita sur l’hélice, ce qui le déchiqueta et certains villageois y virent un mauvais présage. Le règlement de l’épreuve interdisait le décollage avant le lever du soleil.

En attendant l’heure du départ, Blériot décolla pour un court vol d’essai ; l’Anzani pétaradait dans un fracas infernal mais régulièrement, la nouvelle hélice en bois avait un rendement magnifique et le pilote se posa bientôt sans difficulté. Sur la plage des baraques, un pavillon signala le lever du soleil : Blériot pouvait donc décoller. Il était 4h41 exactement, et l’on était le dimanche 25 juillet 1909.
«Une toute petite émotion s’empare de moi au moment où je prends place dans l’appareil», raconta Blériot. «Je me dis: que va t-il m’arriver? Irai-je jusqu’à Douvres? Réflexions rapides, fugitives qui ne durent heureusement pas. « Je ne pense plus maintenant qu’à mon appareil, au moteur, à l’hélice. Tout est en mouvement, tout vibre. Au signal, les ouvriers lâchent l’appareil.
Me voilà soulevé ! »

 

La traversée

Le pilote mit pleins gaz pour passer au-dessus des fils du télégraphe au bout du champ, franchit les dunes et dépassa l’Escopette dont la fumée obscurcissait le ciel au point qu’il craignit un instant d’être parti trop tôt. Mais le soleil était bien levé et Blériot se concentra sur le pilotage : «Je vais, je vais tranquillement, sans aucune émotion, sans aucune impression réelle», raconterat-il par la suite. Il me semble être un ballon».
L’absence de tout vent me permet de ne faire agir aucune commande de gouvernail et de gauchissement. Si je pouvais bloquer ces commandes, je pourrais mettre les deux mains dans les poches... Et le moteur, quelle merveille ! Ah ! Mon brave Anzani, il ne bronche pas !» (...)
«Ne voulant pas retarder ma marche, j’avais fait mon deuil de «l’Escopette» et je n’avais plus de guide. Tant pis, advienne que pourra ! Pendant une dizaine de minutes, je suis resté seul, isolé, perdu au milieu de la mer immense, ne voyant aucun point à l’horizon, ne percevant aucun bateau. Ce calme troublé seulement par le ronflement du moteur, fut un charme dangereux... ces dix minutes parurent longues et vraiment je fus heureux d’apercevoir vers l’ouest une ligne grise qui se détachait de la mer et qui grossissait à vue d’oeil. Nul doute, c’était la côte anglaise. J’étais presque sauvé. Je me dirige aussitôt vers cette montagne blanche.
Mais le vent et la brume me prennent. Je dois lutter avec mes mains, avec mes yeux...
Je ne vois pas Douvres. Ah! Diable! où suis-je donc?

En fait Blériot, déporté au nord, avait manqué Douvres. Mais la chance lui sourit à nouveau sous la forme de trois bateaux. «Des remorqueurs? Des paquebots?» racontet-il. «Peu importe ! Ils paraissent se diriger vers un port : Douvres sans doute et les suis tranquillement. Des marins m’envoient des hourras enthousiastes. J’ai presque envie de leur demander la route de Douvres. Hélas, je ne parle pas anglais !
Blériot longe alors les hautes falaises vers le sud : «Le vent contre lequel je lutte maintenant reprend de plus belle. Soudain, au bord d’une anfractuosité qui se dessine sur la côte, j’aperçois un homme qui agite désespérément un drapeau tricolore et qui s’égosille, seul dans la grande plaine à crier : Bravo ! Bravo ! Je ne me dirige pas, je me précipite plutôt vers la terre. Au risque de tout casser, je coupe l’allumage à 20 mètres de hauteur. Et maintenant, au petit bonheur ! Le châssis se reçoit plutôt mal : l’hélice est endommagée, mais, ma foi, tant pis : j’avais traversé la Manche.»

 

 


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